C'est du jour au lendemain que les populations de lokovi ont découvert l'installation des machines et le démarrage des activités de dragage de sable dans leur localité. Le bas-fond concerné est pourtant la première source de revenus de ces populations. Elles exercent les activités de pêche, d'agriculture et de fabrication de sel. Selon le constat fait sur le terrain, plusieurs installations de fabrication de sel ont été recouvertes par le sable issu du dragage. Le dragage en lui-même ne laisse aucun espace pour la poursuite des activités de pêche. Plus préoccupant, l'eau a envahi les terres cultivables. C'est donc tout ceci qui a amené les habitants à battre le macadam sur le site. 

Branchages en main, elles ont scandé des slogans hostiles à l'entreprise, à son promoteur et appelé les autorités au secours. << On ne peut pas se lever et commencer par mener des activités de dragage dans une localité sans discuter avec les populations au motif que le promoteur serait détenteur d'un agrément.>>, relève le conseiller local Benjamin AKITCHO. Dans les conditions actuelles, explique t-il, les populations n'ont plus d'activités et ceci pourrait entraîner le développement des fléaux et des vices. 

 

Les exigences des populations 

Face à cette menace pour leur survie, les populations de lokovi exigent l'arrêt immédiat des travaux. Elles demandent à être consultées avant toute poursuite des travaux comme l'exigent les procédures en matière d'exercice des activités de dragage de sable. La délimitation du domaine d'exercice, les engagements vis-à-vis de la population et le respect strict des règles sont les préoccupations sur tapis. 

Les populations en appellent à l'implication des autorités notamment du Maire de Ouidah, des députés de la 5e circonscription électorale, du Ministère des Mines et de l'ABE. 

 

Jean Paul IBIKOUNLE