« État de droit et alternance politique en Afrique : un vrai enjeu de stabilité et de développement », voilà le thème qui a rassemblé les hommes politiques au Chant d'Oiseaux de Cotonou. Trois panelistes ont été convié à la discussion à savoir Kamel Bio Sika A. QUASSAGARI, Socio-anthropologue et spécialiste en Genre et Gestion de Projet, Député de la 9e législature; Lazare Maurice SEHOUETO Docteur en Sociologie. Ancien Ministre, député de la 9ème législature et Eric MAQUIGNON Economiste. Spécialiste en gouvernance démocratique, ancien Président de l\'Autorité de Régulation des Marchés Publics. Tour à tour, chacun eux a exposé son point de vue sur la thématique et répondu aux préoccupations des participants. Sauf que l\'une des interventions, celle du Professeur Victor TOPANOU, ancien Ministre et ancien député à l'Assemblée nationale à retenu des attentions. A travers une analyse comparée des pays africains, Victor TOPANOU estime que les pays anglophones dans leur ensemble demeurent des exemples de démocratie. Les mandats des Présidents de la République restent figés à quatre ans et inchangés. Leur modèle est bâti sur le développement étant donné que les principes démocratiques sont clairs, bien définis et inchangés Par contre, la situation des pays francophones rend l'universitaire mal à l'aise. << Les francophones sont particulièrement bizarres. Nous sommes bizarres>>, constate-t-il. Il poursuit en estimant qu'aucun pays francophone en Afrique centrale n'est un modèle en démocratie. Il cite le Cameroun, le Congo Brazzaville, avec les records de longévité de leur Président au pouvoir. Le Tchad, la RDC, La Centrafrique, tous sont des catastrophes en matière d\'alternance. Le cas de l'Afrique de l'ouest a également retenu l'attention de l'universitaire pour qui, pendant longtemps, l'opinion avait considéré qu'il y avait trois modèles : Le Mali, Le Bénin, le Sénégal. Il explique que << Le Mali, malheureusement a sombré. C'est désormais une dictature militaire assumée. Le Bénin avec ses derniers virages fait l'objet de toutes les critiques, et à raison. Il y a probablement le Sénégal qui est seul >>, estime le Professeur TOPANOU. L'intervenant constate qu''en Afrique anglophone, les débats démocratiques sont clôturés. On ne fait aucun débat sur la durée des mandats. Chaque candidat à l'élection présidentielle se demande juste ce qu'il peut faire en quatre temps pour impacter la société. Par contre, << Chez nous les francophones, nous avons commencé par dire qu'il faut cinq ans. Après on a dit que cinq ans ce n'est pas suffisant pour les réformes structurées, il faut passer à sept ans, Bientôt pour les mêmes raisons, on va passer à neuf ans et probablement on va s'arrêter à onze ans >> , dit il. Enfin, l'universitaire relève que c'est dans les pays francophones que les débats de l'entrée ou non dans une nouvelle République sont posés après les révisions constitutionnelles afin de remettre les compteurs des mandats présidentiels à zéro. Tous ces éléments nourrissent le désarroi et le désespoir chez le Professeur TOPANOU. Il a émis le vœu que sa position soit véritablement partagée pour qu'on puisse enfin avancer. A y voir de près, le regard de l'intéressé est plus celui d'un expert que d'un homme politique. Jean Paul IBIKOUNLE
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Débat sur l'alternance en Afrique, le regard critique et technique du Professeur Victor TOPANOU
Le Jeudi 06 Août 2026, s'est tenue à l'Institut des Artisans de Justice et de Paix « Le Chant d’Oiseau » (IAJP/CO), de Cotonou, une rencontre de réflexion autour des démocraties africaines. C'est au cours de cette assise, que le Professeur Victor TOPANOU a donné son point de vue sur la thématique, lequel suscite des réactions dans l'opinion. Retour sur le contenu de son intervention.
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