La lutte contre la corruption et l'abus de pouvoir franchit un nouveau cap dans le secteur éducatif béninois. Lors d’un point de presse officiel tenu à Cotonou, le Commissaire-major Sabi Éric Orou Yérima a dévoilé les détails d'une enquête judiciaire majeure mettant en cause des cadres administratifs accusés de racket.

 

*Un système de chantage institutionnalisé:* 

 

L'affaire a éclaté à la suite de plaintes courageuses déposées par des enseignants affectés à la surveillance et à la supervision des épreuves du Certificat d'études primaires (CEP), session 2026. Selon les déclarations du porte-parole, plusieurs responsables administratifs avaient mis en place un système occulte visant à ponctionner une partie des primes dues à ces agents de terrain.

Les enseignants qui refusaient de se soumettre à cette rétrocession forcée d'argent faisaient face à de lourdes menaces. La hiérarchie locale n'hésitait pas à brandir des avertissements de mutations disciplinaires ou d'exclusions des futurs examens nationaux pour contraindre les plus réticents à céder. 

 

*La rigueur de la loi face aux coupables:*

 

Saisie de l'affaire, la Police républicaine a mené des investigations minutieuses qui ont permis d'identifier et d'interpeller les principaux cerveaux de cette entreprise illicite.

« Huit d'entre eux ont déjà été déférés devant le parquet spécial de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) », a confirmé le Commissaire-major Sabi Éric Orou Yérima.

Le porte-parole a fermement rappelé que les primes des examens sont des droits stricts des enseignants, alloués par l'État pour leur dévouement, et qu'aucune autorité, à quelque niveau que ce soit, n'est habilitée à s'en octroyer une fraction. 

 

*Un signal fort pour la transparence des examens :*

 

Cette intervention rapide des forces de l'ordre, sous la voix de son porte-parole, réaffirme la doctrine de tolérance zéro portée par l'institution policière et le gouvernement béninois face aux actes de corruption. En traduisant ces hauts cadres devant la juridiction spéciale de la CRIET, la Police républicaine envoie un message clair : l'impunité n'a plus sa place, et les droits de ceux qui forment la jeunesse béninoise seront scrupuleusement défendus. Le dossier suit désormais son cours au niveau de la justice pénale.

 Boris Kouessi GOUDJA

 

Encadré

Nous sommes en face d'une vraie crise morale. Déposséder ses collègues des 4/5 de leurs droits relève de la pure sorcellerie. Mais, avouons-le, les auteurs de ces actes sont très courageux voire audacieux. Si malgré toute la lutte contre ces genres de fléau, on en est encore là, c'est qu'il faut décerner un prix à ces individus devenus tristement célèbres. Hélas la République ne peut pas célébrer des contres valeurs. La justice devra s'en occuper de fort belle manière pour qu'on dit ensemble ''Plus jaimais ça '''

JPI